Rentrée des cantines scolaires : un moteur essentiel pour la réussite des élèves en Côte d’Ivoire
06 octobre 2025
Légende: Les élèves de l’école EPP Nahoualakaha, béniciaires des vivres et du matériel fournis par le PAM, déjeunent ensemble dans la cantine scolaire.
En Côte d’Ivoire, la reprise des cantines scolaires soutenues par le PAM redonne espoir à des milliers d’élèves et renforce la réussite en milieu rural.
L’année scolaire 2025-2026 a officiellement démarré le lundi 8 septembre sur l’ensemble du territoire ivoirien. Pour certains élèves, la rentrée évoque des cahiers neufs et des uniformes impeccables ; mais en zones rurales, la réalité est bien plus contrastée. Là-bas, l’attention se concentre surtout sur un élément crucial pour des milliers d’enfants : — la reprise des cantines scolaires.
Le 6 octobre 2025, les cantines scolaires approvisionnées par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ont rouvert leurs portes, apportant un soulagement immédiat aux élèves et aux enseignants. À l’école primaire publique de Nangasseregué, située à huit kilomètres de la ville de Korhogo, le taux d’absentéisme est passé de plus de trente élèves à seulement trois absents dès la reprise des repas.
« Quand nous avons su que les denrées arrivaient, c’était comme une fête pour tous. Aujourd’hui, le taux d’absentéisme a considérablement diminué. Sur près de 433 élèves, seuls trois étaient absents. Je suis convaincu que la cantine a un impact réel et positif sur les enfants. », témoigne Koffi Alain, enseignant et gérant de la cantine.
Un contexte rural exigeant, où le repas scolaire change tout
Dans de nombreuses localités rurales, la journée des enfants débute dès l’aube. Ils parcourent souvent plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre leur école, bien souvent le ventre vide.
Légende: Une cantinière de l'école EPP Nangasseregué, école bénéficiaire des vivres fournis par PAM, prépare activement le repas de midi pour les élèves inscrits.
L’école primaire publique de Nangasseregué Korhogo, dotée d’une cantine depuis 1990, est régulièrement approvisionnée par le PAM, ce qui lui permet de servir des repas chauds tout au long de l’année scolaire. Lors de la rentrée du 8 septembre, de nombreux enfants issus de villages éloignés ont repris le chemin de l’école. Mais en l’absence de repas, on comptait entre vingt-cinq à trente-et-un élèves absents sur plus de quatre cents inscrits. D’après les responsables de l’établissement, cette situation s’explique par les longues distances que les enfants doivent parcourir et l’absence de repas à leur arrivée.
« Les enfants habitent dans des villages éloignés. Et lorsqu’ils arrivent à l’école sans qu’un repas ne leur soit proposé, beaucoup préfèrent ne pas revenir », explique M. Koffi. L’absence de repas à l’école peut entraîner fatigue, découragement et absentéisme. « Un jour, nous avons trouvé un élève allongé dans une classe pensant qu’il était malade, mais il nous a répondu qu’il avait simplement faim », raconte M. Koffi.
La cantine scolaire, pilier de la réussite et de la cohésion sociale
Depuis plusieurs années, Nangasseregué enregistre un taux de réussite de cent pour cent au Certificat d’Études Primaires (CEP) – une performance que les enseignants attribuent à la régularité des repas scolaires.
« Depuis que je suis dans cette école, nous faisons toujours du 100 % au CEP. Et cela, c’est grâce à la cantine. Les enfants viennent de villages éloignés, mais une fois arrivés, ils restent sur place. Après avoir mangé, ils vont en classe, étudient, et sont vraiment heureux de recevoir un repas chaud à midi. Cela leur évite d’aller au champ avec leurs parents, de chercher de quoi manger et de revenir en retard. C’est un véritable soutien. Je suis convaincu que si nous obtenons ces résultats, c’est parce que la cantine est là. »
Chaque jour, les repas sont préparés selon le nombre d’élèves inscrits. Avant de passer à table, les enfants se rangent dans le calme, se lavent les mains, puis rejoignent la cantine. Ce rituel renforce non seulement les habitudes d’hygiène, mais aussi la discipline et la cohésion. Au-delà de la nutrition, la cantine favorise la socialisation entre enfants d’origines diverses et contribue à la construction du vivre-ensemble.
Une chaîne logistique rigoureuse au service des enfants
Depuis 1989, le PAM soutient l’alimentation scolaire en Côte d’Ivoire pour améliorer les résultats éducatifs. En 2025, 166 500 enfants répartis dans 733 écoles bénéficient de repas chauds grâce à une chaîne logistique rigoureusement coordonnée. En amont, le PAM et la Direction des Cantines Scolaires (DCS) évaluent les besoins en vivres et matériels, afin d’assurer un approvisionnement équilibré. Les achats, réalisés localement ou à l’international, respectent des critères stricts de qualité, de coût, et de conformité aux normes nutritionnelles, avec une priorité donnée aux produits locaux, conformément à la Stratégie Nationale d'Alimentation Scolaire.
Légende: Les équipes logistiques du PAM et de la DCS effectuent un contrôle des denrées destinées à être acheminées vers les écoles.
Les produits reçus sont rigoureusement contrôlés : état des emballages, qualité, respect des normes sanitaires. Ils sont ensuite stockés dans les entrepôts du PAM, puis remise progressivement à la DCS pour acheminement dans les écoles dans le cadre de la coopération entre le PAM et le ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation. Chaque étape est documentée pour garantir une traçabilité complète, jusqu’à l’assiette des enfants. À l’école, les enseignants recensent les rationnaires, les gérants de cantines préparent les espaces de stockage et vérifient la conformité des produits à leur arrivée.
Une mobilisation communautaire pour une durabilité renforcée
Le succès des cantines repose aussi sur la mobilisation communautaire. Les groupements locaux, les ONG, les fondations et les parents participent activement à la gestion, à l’apport de vivres complémentaires et à la réhabilitation des infrastructures. Ce modèle collaboratif renforce la durabilité du dispositif et garantit son impact à long terme.
En unissant leurs efforts, le PAM, la DCS et les communautés locales font de chaque repas servi à l’école un véritable investissement dans l’avenir des enfants et le développement du pays.
Écrit par
Raïssa Touraire
PAM
Chargée de partenariats, Chef d’unité Partenariats, Communication et Reporting
Entités des Nations Unies impliquées dans cette initiative
PAM
Programme alimentaire mondial
Objectifs poursuivis à travers cette initiative
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