Gestion des pertes post-récolte et transformation des déchets alimentaires : le Sénégal s’inspire des bonnes pratiques en économie circulaire de la Côte d’Ivoire
29 septembre 2025
Dans le cadre de la promotion de l’économie circulaire et de la réduction des pertes alimentaires en Afrique de l’Ouest, une délégation sénégalaise conduite par la FAO s’est rendue en Côte d’Ivoire du 22 au 28 septembre 2025 pour s’imprégner des bonnes pratiques ivoiriennes en matière de gestion des déchets organiques et de valorisation post-récolte. Cette mission d’étude, organisée avec l’appui du bureau de la FAO en Côte d’Ivoire, s’inscrit dans la dynamique de coopération Sud-Sud prônée par l’Organisation, afin de favoriser le transfert de solutions innovantes et durables entre pays africains.
Une délégation sénégalaise, composée de fonctionnaires de la FAO, d’un adjoint au maire, d’un enseignant chercheur et de guides religieux, a effectué une mission d’étude en Côte d’Ivoire du 22 au 28 septembre 2025, en vue de s’inspirer des bonnes pratiques ivoiriennes en matière d’économie circulaire, notamment dans la gestion des pertes post-récolte et la transformation des déchets alimentaires.
Le bureau de la FAO au Sénégal, en collaboration avec ses partenaires institutionnels, a organisé cette mission en Côte d’Ivoire. Le choix du pays hôte n’est pas anodin : la Côte d’Ivoire a développé ces dernières années plusieurs initiatives innovantes destinée à promouvoir l’économie circulaire avec des résultats concrets.
« L’objet de notre visite est de tirer des leçons concrètes de l’expérience ivoirienne, notamment sur l’utilisation des mouches soldats noires pour transformer les déchets organiques en intrants agricoles, sur la production de biogaz à partir de biodigesteurs et sur d’autres technologies bas carbones, notamment le compostage et le biochar », a expliqué Sarr Makhousse, chargé des programmes à la FAO Sénégal.
Au Sénégal, les pertes post-récolte continuent de peser lourdement sur le secteur agricole. Selon un rapport publié par la FAO en 2023, jusqu’à 30 % des productions vivrières sont perdues après la récolte. Par ailleurs, les grands rassemblements religieux, notamment le grand Magal à Touba, génèrent chaque année plus de 2 500 tonnes de déchets organiques non valorisés, représentant à la fois un défi environnemental et une opportunité manquée pour l’économie circulaire.
La délégation a ainsi rencontré les autorités du ministère ivoirien de l’Agriculture, des responsables locaux, ainsi que des porteurs de solutions innovantes. Des visites de terrain ont été organisées à Yamoussoukro et Tanda, où les participants ont pu découvrir des systèmes de valorisation des biodéchets ainsi que des technologies de production de compost et de biogaz.
Des sessions techniques ont également permis d’attirer l’attention des visiteurs sur la nécessité de faire des conventions et de favoriser les échanges scientifiques avec des centres de recherche et la nouvelle université de Touba.
Au terme de la mission, les membres de la délégation se sont dit satisfaits. Et impressionnés par les activités de Living Soils, une entreprise ivoirienne pionnière dans la valorisation des déchets organiques, notamment grâce à l’utilisation des mouches soldats noires. Living Soils avait déjà collaboré avec la FAO sur le projet BioDAF, en partenariat avec BioANI, et intervient désormais dans un modèle décentralisé avec des fermes satellites.
La délégation a également estimé que l’expertise de la Société d’Études et de Formation en Technologies, spécialisée dans les énergies renouvelables et la valorisation agricole durable, représente une réelle opportunité pour Touba. Cette société conçoit et installe des biodigesteurs capables de transformer les déchets organiques notamment les fientes de volaille en biogaz (utilisé pour la cuisson ou la production d’électricité) et en biofertilisants, commercialisés sous la marque Biofertile.
Un partenariat Sud-Sud prometteur
Cette mission s’inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud, encouragée par la FAO, qui voit dans le partage d’expériences entre pays africains un levier important pour l’innovation et la résilience. À l’issue de la visite, plusieurs recommandations ont été formulées à savoir réaliser une étude de base d’ici décembre 2025 pour identifier les technologies les plus adaptées à la gestion des déchets alimentaires à Touba, organiser une réunion de partage et de lancement à Touba, entre novembre et décembre 2025 et explorer la possibilité d’utiliser l’unité de séchage actuellement installée à Tambacounda pour conserver les aliments en attente de traitement via les biodigesteurs.