Discours de la Coordonnatrice Résidente - Lancement du Cadre de Coopération des Nations Unies 2026-2030
28 avril 2026
Discours de Helène N'Garnim-Ganga, Coordonnatrice Résidente, à l'occasion du lancement du Cadre de Coopération 2026-2030, le 28 avril 2026, à Abidjan.
Légende: La Coordonnatrice résidente des Nations Unies, Hélène N'Garnim-Ganga, a présenté les priorités du nouveau Cadre de Coopération 2026-2030 lors de son lancement le 28 avril 2026.
Monsieur le Ministre, Excellences, Mesdames et Messieurs,
Permettez‑moi, au nom de tous mes collègues Représentants Résidents ici présents et en celui de l’ensemble du personnel des Nations Unies en Côte d’Ivoire, de vous saluer très chaleureusement et de vous remercier pour vos présences distinguées, qui nous honore et témoigne de l’intérêt constant que vous portez aux enjeux que nous partageons.
Nous abordons la dernière ligne droite vers l’Agenda 2030, dans un contexte mondial marqué par des défis majeurs. La contraction des financements dédiés au développement, conjuguée au poids croissant de la dette, réduit les marges de manœuvre budgétaires, alors même que les besoins de financement ne cessent de s’accroître et que les ressources disponibles se raréfient.
À cela s’ajoutent les tensions géopolitiques persistantes, la perturbation du commerce mondial et une incertitude économique grandissante. Plus largement, nous évoluons dans un environnement international de plus en plus transactionnel, où les solidarités se recomposent et où chaque pays doit défendre ses priorités avec lucidité et responsabilité. C’est dans ce contexte que se joue l’atteinte – ou non – des Objectifs de Développement Durable. Et c’est précisément pour cette raison que la période 2026-2030 est décisive.
Cette dernière ligne droite nous impose discipline, cohérence et innovation. Elle nous oblige à transformer les contraintes en opportunités, à renforcer nos partenariats et à mobiliser toutes les énergies pour bâtir un avenir inclusif, résilient et durable.
Pour la Côte d’Ivoire, cette dernière ligne droite intervient dans un contexte porteur. Au cours de la dernière décennie, le pays a en effet démontré une capacité remarquable de relèvement, de croissance et de stabilisation. Son indice ODD a progressé de 13 points, il est le 3eme pays au monde ayant réalisé le progrès les plus rapide dans l’atteinte des ODDs et il a gagné 5 places en un an sur l’indice de développement humain.
Mais ces progrès indéniables ne doivent pas faire oublier les défis persistants : les inégalités territoriales et de genre, l’accès encore inégal aux services sociaux de base, le poids de l’emploi informel notamment pour les femmes et les jeunes, ou encore les pressions croissantes liées au changement climatique et à la sécurité alimentaire.
C’est dans cette réalité, à la fois exigeante et porteuse d’opportunités, que s’inscrit le Cadre de Coopération des Nations Unies pour le Développement Durable 2026-2030 que nous lançons aujourd’hui. Ce cadre est pleinement arrimé au Plan National de Développement 2026-2030. Il s’inspire également du Plan stratégique Côte d’Ivoire 2030, de l’étude prospective Côte d’Ivoire 2040, et s’aligne sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine – l’Afrique que nous voulons.
Monsieur le Ministre, Excellences, chers invités
Ce Cadre de Coopération est celui qui nous mènera à l’échéance de l’Agenda 2030. Il représente notre dernière opportunité collective d’accélérer de manière décisive les progrès vers l’atteinte des Objectifs de Développement Durable.
Permettez‑moi à ce stade de saluer la qualité exemplaire du partenariat entre le Gouvernement de la Côte d’Ivoire et le Système des Nations Unies. Au fil des cycles de coopération, nous avons bénéficié d’un engagement constant, d’un dialogue franc et d’un soutien déterminant des autorités nationales. Ce climat de confiance est un atout majeur pour aborder, avec ambition et responsabilité, le cycle décisif qui s’ouvre aujourd’hui.
Ce cadre est egalement le fruit d’un processus profondément inclusif, fondé sur des données probantes et mobilisant les institutions nationales, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile, les partenaires techniques et financiers, ainsi que le Système des Nations Unies.
Nous avons fait un choix clair : celui de la co‑création, de la redevabilité mutuelle et de la convergence des efforts. Nous avons mis l’accent sur la territorialisation des politiques publiques, l’utilisation accrue de données désagrégées et prospectives, et des approches intégrées, au plus près des réalités des populations.
Contrairement à notre Cadre précédent, nous n’avons retenu que trois priorités pour maximiser notre impact.
Premièrement, la transformation structurelle de l’économie et le développement inclusif, afin de créer plus de valeur, plus d’emplois décents et plus d’opportunités, notamment pour les jeunes et les femmes.
Deuxièmement, l’accès équitable aux services essentiels, la protection et la cohésion sociale, pour réduire durablement les inégalités, renforcer le capital humain et consolider la paix.
Troisièmement, la résilience environnementale et la gouvernance durable des ressources naturelles, afin de répondre aux défis climatiques et accompagner la transition vers une économie verte.
Notre théorie du changement quant à elle, part du principe qu’une gouvernance transparente, des institutions performantes et une inclusion accrue des populations renforcent la paix, réduisent les inégalités et stimulent une croissance équitable et durable. Ainsi conçu, ce cadre est bien plus qu’un plan d’action : c’est un cadre stratégique de transformation, de paix et de résilience, au service d’une Côte d’Ivoire stable, inclusive et prospère, où personne n’est laissé de côté.
Mais atteindre cette ambition exige un changement d’échelle et de méthode. Nous devons passer de projets dispersés à des transformations systémiques, d’interventions sectorielles à des approches intégrées, et de solutions pilotes à des politiques publiques à impact national. Cela implique l’alignement, qui vous est cher Monsieur le Ministre et qui consiste à faire en sorte que l’ensemble des financements mobilisés— public et privés, nationaux et internationaux — financent les priorités nationales de développement et les Objectifs de développement durable (ODD).
Cela implique également une utilisation des données pour orienter les décisions, mesurer les résultats, et renforcer la cohérence entre l’action humanitaire, le développement et la consolidation de la paix. Cela implique enfin un partenariat renforcé.
La dernière ligne droite vers 2030 ne peut être portée par les gouvernements seuls. Elle appelle une mobilisation renforcée du secteur privé, des collectivités territoriales, de la société civile, des femmes et des jeunes, ainsi que de tous les partenaires techniques et financiers, autour d’un alignement accru et des financements innovants.
Excellences, Mesdames et Messieurs, chers invités
Permettez‑moi de conclure par un message simple : l’Agenda 2030 ne sera pas jugé à l’aune de nos engagements, mais à celle de notre capacité collective à agir maintenant, avec urgence, cohérence et solidarité. Le Système des Nations Unies en Côte d’Ivoire réaffirme avec conviction son engagement à marcher aux côtés du Gouvernement et de toutes les parties prenantes. Ensemble, nous œuvrons pour bâtir un avenir inclusif et solidaire, où chaque voix compte et où nul ne sera laissé de côté.