Les zones rurales figurent aujourd'hui parmi les territoires les plus vulnérables face à la recrudescence des événements extrêmes. Le bassin versant du Bandama, situé au centre de la Côte d’Ivoire, couvre les régions du Gbêkê, du Bélier et de la Marahoué. Il constitue l’un des principaux réservoirs agricoles du pays, avec une forte concentration d’activités liées aux filières riz, manioc et cacao. Pourtant, cette région subit une pression climatique croissante. Sécheresses prolongées, précipitations irrégulières et érosion des sols compromettent la stabilité des rendements et fragilisent les revenus agricoles.
Pour y répondre, la Côte d’Ivoire, avec l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Fonds d’adaptation, a lancé le 11 juillet 2025 à Bouaké un projet structurant : le Projet d’appui au renforcement des capacités d’adaptation et de résilience des communautés rurales face au changement climatique dans le Bassin du Bandama (PACCB).
Un projet concret pour 94 000 bénéficiaires
Financé à hauteur de 6 millions de dollars soit environ 3,3 milliards de francs CFA et piloté par le Gouvernement à travers le Programme national Changements climatiques (PNCC), ce projet vise à :
- Améliorer l’accès à l’information climatique
- Transformer les pratiques agricoles pour les rendre plus durables
- Renforcer les capacités institutionnelles pour une coordination efficace.
Au total, près de 94 000 personnes seront touchées dont 15 600 petits producteurs et 1 000 coopératives agricoles. Le projet mettra l’accent sur l’inclusion, avec 45 % de femmes et 40 % de jeunes parmi les bénéficiaires directs.
Les investissements prévus s’articulent autour d’infrastructures et équipements conçus pour résister aux effets du climat, comme l’installation de 18 stations agrométéorologiques et 150 pluviomètres, la formation de 10 000 producteurs et de 100 agents techniques, ainsi que la création de 20 fermes piscicoles dans les régions du Gbêkê du Bélier et de la Marahoué .Le projet contribuera à renforcer aussi les mécanismes de suivi et d’alerte précoce, essentiels pour anticiper les chocs climatiques et sécuriser les récoltes.
Avant le lancement officiel, un atelier technique de deux jours a permis aux ministères, agences, partenaires et bénéficiaires de définir les modalités de mise en œuvre et de clarifier les rôles de chacun.
« Le PACCB offre une réponse intégrée et structurée aux défis posés par le changement climatique », a souligné Hermann Messan, Directeur pays du FIDA. « Avec les outils et les ressources appropriés, les communautés rurales du bassin du Bandama peuvent jouer un rôle moteur dans la transformation des systèmes alimentaires et la préservation des écosystèmes. »
Pour le Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique, Jacques Assahoré, ce projet représente une opportunité collective : « La mobilisation totale des acteurs et l’appropriation par les bénéficiaires seront clés pour assurer le succès et la pérennité du projet. »
: « Le PACCB contribuera à structurer une réponse durable face aux aléas climatiques, tout en créant des opportunités économiques pour les jeunes et les femmes dans les chaînes de valeur agricole », a pour sa part précisé Jean-Yves Andé, coordonnateur du projet,
Ce projet s’appuiera sur l’approche de partenariat portée par le FIDA et mobilisant des institutions clés telles que la Société d'Exploitation et de Développement Aéroportuaire, Aéronautique et Météorologique de Côte d'Ivoire (SODEXAM), l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER), le Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA), ainsi que la FAO et le PNUD, pour fournir l'expertise technique et opérationnelle nécessaire à la mise en œuvre des projets de telle envergure. Les autorités locales bénéficieront d’un accompagnement pour intégrer l’adaptation au changement climatique dans les plans de développement régionaux, consolidant ainsi la gouvernance territoriale.
Le PACCB entend faire de la résilience un levier de développement inclusif à travers le ciblage des zones les plus exposées, la valorisation des savoirs locaux et l’appuie sur des solutions éprouvées. Cette initiative s’inscrit dans la Vision 2030 du FIDA, qui place l’adaptation climatique, l’équité de genre et l’innovation au cœur de ses priorités stratégiques.