Histoire
09 mars 2026
Cartographier pour mieux orienter les politiques agricoles : l’expérience du PADFA en Côte d’Ivoire
Dans de nombreuses zones rurales, les projets agricoles sont encore déployés sans information précise sur la localisation des exploitations, des producteurs ou des infrastructures. Les décisions reposent alors sur des estimations parfois approximatives, ce qui limite l’efficacité des interventions et la capacité à mesurer les résultats sur la durée.Pour répondre à cette difficulté, le Fonds international de développement agricole (FIDA), à travers le Programme d’appui au développement des filières agricoles (PADFA), a introduit l’utilisation des systèmes d’information géographique (SIG) pour mieux planifier, orienter et piloter les investissements agricoles en Côte d’Ivoire.La cartographie, un levier pour des décisions plus justes et plus cibléesLes données géospatiales facilitent la compréhension des territoires et contribuent à une meilleure conception des projets agricoles. Elles offrent une localisation précise des zones d’intervention, des bénéficiaires et des infrastructures, ce qui permet d’adapter les appuis techniques et de mieux planifier les besoins.
Lorsqu’elles sont combinées à des données agricoles, climatiques, environnementales et socio‑économiques, elles fournissent une vision globale du territoire et aident à identifier les zones prioritaires. Elles renforcent également l’analyse des risques, améliorent la cohérence des interventions et facilitent la coordination entre acteurs d’une même filière. Une avancée majeure pour la filière mangue en Côte d’IvoireAvant l’introduction des outils de géoréférencement, la filière mangue souffrait d’un manque de données précises. Les superficies cultivées, la localisation des vergers et la répartition des producteurs étaient souvent mal connues, ce qui compliquait la planification des appuis techniques et la traçabilité des productions.Grâce au PADFA, un inventaire géoréférencé a été réalisé dans cinq régions du nord et du centre du pays. Près de 4 000 producteurs ont été identifiés et 4 700 vergers ont été cartographiés, représentant environ 17 700 hectares. Les régions du Poro et du Tchologo concentrent une grande partie de ces superficies.Pour la première fois, la Côte d’Ivoire dispose d’une représentation claire et structurée de l’organisation spatiale de la filière mangue. Cette cartographie devient une base essentielle pour la planification des investissements, la gestion des vergers et l’amélioration de la performance globale de la filière.Des bénéfices concrets pour les producteurs et les territoires rurauxPour les producteurs, la connaissance exacte des superficies facilite la planification des travaux, l’estimation des besoins en intrants et la valorisation des vergers auprès des coopératives ou des acheteurs. Pour les organisations de producteurs et le secteur privé, ces données permettent d’améliorer la traçabilité, d’organiser plus efficacement les circuits de collecte et d’accéder plus facilement aux marchés. Pour les institutions publiques, cette base d’informations devient un outil d’aide à la décision pour identifier les principales zones de production, orienter les investissements et mieux anticiper les besoins de la filière.Accélérer la transformation de la filière mangueAvec une production annuelle estimée entre 150 000 et 180 000 tonnes, la filière mangue présente un potentiel important, mais souffre de pertes post‑récolte pouvant atteindre près d’un tiers de la production. La cartographie précise des zones de production ouvre la voie à une meilleure organisation des circuits de collecte et des traitements post‑récolte, ce qui pourrait réduire les pertes de 15 000 à 25 000 tonnes par an. Elle facilite également la planification d’investissements industriels, et pourrait tripler la part de transformation locale, aujourd’hui estimée à seulement 2 % de la production. Cette évolution renforcerait la compétitivité de la filière et créerait davantage de valeur ajoutée dans les zones rurales.Un outil au service des systèmes alimentaires durablesLa généralisation de la donnée géospatiale s’inscrit pleinement dans la vision du Système des Nations Unies, qui encourage des politiques publiques fondées sur des preuves, une gouvernance agricole plus rigoureuse et une meilleure prise en compte des impacts climatiques. En Côte d’Ivoire, la cartographie agricole ouvre la voie à des investissements mieux ciblés, à une meilleure compétitivité des filières, et à une création de valeur durable dans les communautés rurales.
Lorsqu’elles sont combinées à des données agricoles, climatiques, environnementales et socio‑économiques, elles fournissent une vision globale du territoire et aident à identifier les zones prioritaires. Elles renforcent également l’analyse des risques, améliorent la cohérence des interventions et facilitent la coordination entre acteurs d’une même filière. Une avancée majeure pour la filière mangue en Côte d’IvoireAvant l’introduction des outils de géoréférencement, la filière mangue souffrait d’un manque de données précises. Les superficies cultivées, la localisation des vergers et la répartition des producteurs étaient souvent mal connues, ce qui compliquait la planification des appuis techniques et la traçabilité des productions.Grâce au PADFA, un inventaire géoréférencé a été réalisé dans cinq régions du nord et du centre du pays. Près de 4 000 producteurs ont été identifiés et 4 700 vergers ont été cartographiés, représentant environ 17 700 hectares. Les régions du Poro et du Tchologo concentrent une grande partie de ces superficies.Pour la première fois, la Côte d’Ivoire dispose d’une représentation claire et structurée de l’organisation spatiale de la filière mangue. Cette cartographie devient une base essentielle pour la planification des investissements, la gestion des vergers et l’amélioration de la performance globale de la filière.Des bénéfices concrets pour les producteurs et les territoires rurauxPour les producteurs, la connaissance exacte des superficies facilite la planification des travaux, l’estimation des besoins en intrants et la valorisation des vergers auprès des coopératives ou des acheteurs. Pour les organisations de producteurs et le secteur privé, ces données permettent d’améliorer la traçabilité, d’organiser plus efficacement les circuits de collecte et d’accéder plus facilement aux marchés. Pour les institutions publiques, cette base d’informations devient un outil d’aide à la décision pour identifier les principales zones de production, orienter les investissements et mieux anticiper les besoins de la filière.Accélérer la transformation de la filière mangueAvec une production annuelle estimée entre 150 000 et 180 000 tonnes, la filière mangue présente un potentiel important, mais souffre de pertes post‑récolte pouvant atteindre près d’un tiers de la production. La cartographie précise des zones de production ouvre la voie à une meilleure organisation des circuits de collecte et des traitements post‑récolte, ce qui pourrait réduire les pertes de 15 000 à 25 000 tonnes par an. Elle facilite également la planification d’investissements industriels, et pourrait tripler la part de transformation locale, aujourd’hui estimée à seulement 2 % de la production. Cette évolution renforcerait la compétitivité de la filière et créerait davantage de valeur ajoutée dans les zones rurales.Un outil au service des systèmes alimentaires durablesLa généralisation de la donnée géospatiale s’inscrit pleinement dans la vision du Système des Nations Unies, qui encourage des politiques publiques fondées sur des preuves, une gouvernance agricole plus rigoureuse et une meilleure prise en compte des impacts climatiques. En Côte d’Ivoire, la cartographie agricole ouvre la voie à des investissements mieux ciblés, à une meilleure compétitivité des filières, et à une création de valeur durable dans les communautés rurales.